Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT): Le PDG désormais nu !

Par le Matinal

 

Depuis quelque temps, on commence à comprendre que le ministre de la Justice Malick Coulibaly et le procureur de la République Mamadou Kassogué sont confondus dans une opération de tri et font semblant épargner certaines personnalités protégées dans les hautes sphères de l’Etat. C’est le cas du PDG Baba Berthé de la CMDT dont la gestion calamiteuse a un lien avec l’affaire de l’APCAM ponctuée par la signature maladroitement irrégulièrement des contrats à des sociétés fantômes. Son Adjointe, elle aussi, Professeure ou diplômée en droit comme lui, est indexée comme complice. Le pot-aux-roses est découvert et la vache laitière qu’est la CMDT est sujette à des déboires inquiétants. Faut-il conclure à une justice à deux vitesses dans notre pays ?

Deux juristes à la tête de la Compagnie Malienne de Développement des Textiles (CMDT), cela doit rappeler à un pays en manque de cadres. Comme si le Mali souffre par manque d’économiste et de gestionnaire. Baba Berthé, PDG de la CMDT et Maïmouna Sogoba auraient certainement été plus utiles dans l’enseignement ou beaucoup plus promptes dans les milieux judiciaires. Ces deux personnalités frisent la médiocrité dans la gestion d’une entreprise qui constitue pourtant le poumon économique du Mali.

Baba Berthé n’a pas d’objectif précis pour la CMDT contrairement, par exemple, au PDG sortant de l’Office du Niger Mamadou Coulibaly qui ambitionnait de faire du Mali le grenier de l’Afrique de l’Ouest. Etre bon cadre ne se présume pas. Le juriste atterri par effraction dans les champs cotonniers n’a aucune politique de conception pour le géant cotonnier, ne fait aucune projection de production et de rendement, ne se fait aucun souci des producteurs. Conséquences : le PDG lui-même a reconnu qu’il y aura une baisse dans la production pour la campagne agricole en cours nonobstant une année pluviométrique exceptionnelle. A l’origine d’une telle raclée, l’incapacité du PDG à fournir de l’engrais aux cotonculteurs. Dans les évaluations post-cultures effectuées par l’Etat, les stocks d’engrais non distribués mais destinés à être vendus chers sont entassés dans des magasins de la compagnie. Les graines de semence de mauvaise qualité ont été remises aux paysans comme il ressort de nos investigations. Nous avons menés une enquête d’Ouélessebougou à Koumantou, le week–end dernier, nos résultats sont catastrophiques et épinglent un PDG en manque d’inspiration et d’initiatives qui ne se plait que dans un bureau climatisé. Pire, le professeur de droit n’a pas une compagnie à hauteur de souhait en la personne de Maïmouna Sogoba, qui brille, elle aussi, par son incongruité, incapable de donner le coup de pouce nécessaire aux agriculteurs. Beaucoup de paysans ont indiqué que son statut de femme célibataire est rédhibitoire et rébarbative pour leur éclosion et qu’au moindre détail, elle exhibe ses muscles. La CMDT est-elle devenue un ring entre producteurs et instance dirigeante ? La question est très sérieuse et nombre de Maliens se plaignent de son expertise et de son absence d’imagination. Ces deux personnes feront de bons professeurs de droit pour la formation de nos enfants tant elles rament à plat-ventre dans la gestion de Dame CMDT.

Justement, la CMDT a besoin d’un bon gestionnaire ou un économiste chevronné apte à sortir les cotonculteurs des affres de l’agriculture traditionnelle et non de deux Tigres en papier arrivés à l’hôtel de la CMDT les pattes cassées. C’est dans ce contexte de nullité que les contrats sont signés à des sociétés fantômes ou créées de toute pièce n’ayant jamais payé au fisc. C’est ça le Mali d’aujourd’hui ?

Et que dire des contrats de véhicules de la CMDT qui comptent déjà plus de 500 engins roulants ? Les langues se sont déliées pour dire que Baba est protégé dans l’adjudication des marchés. S’il ne l’était pas, l’affaire Bakary Togola l’aurait emporté car son arrestation est anecdotique et symptomatique des ristournes de la CMDT, toute chose qui met à nu le professeur de droit. Et l’Etat doit prendre ses responsabilités car trois personnes sont citées dans ce tohu bohu à savoir Karim Kéita, Boubou Cissé et Moussa Diawara. Et Baba Berthé n’est jusque-là pas inquiété, les plus pressés ont vite fait un lien avec leur protection.

Aux dernières informations, il semble que la liberté de mouvement du PDG de la CMDT est sérieusement compromise puisqu’il serait interdit désormais de séjour à l’Extérieur. Si cela se confirme, on ose espérer que le peuple malien du coton sera remis dans ses droits. Car nul n’est au-dessus de la loi au Mali. Les juristes ne peuvent se prévaloir d’un non-droit pour bafouer ou torpiller la loi. Ils ont leur place ailleurs que dans les bureaux. Que Dieu bénisse le Mali.

Issiaka Sidibé

                    

 

 

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