Corruption, malversations et trafic d’influence à la CMDT Le PDG et la DAJC au cœur du scandale

Par Le Matinal

 

Qui pour sauver le coton malien ?
La Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT), l’un des poumons économiques du Mali, jusque – là, épargnée par une gestion de cadence familiale, est à la croisée des chemins. En effet, l’actuel président directeur général Baba Berthé brille par son amateurisme mettant ainsi à nu son incapacité dans la gestion, cumulée à une politique de conception calamiteuse. Et depuis l’arrivée d’une nouvelle directrice en charge des affaires juridiques et du contentieux, l’incompétence et l’inconscience professionnelle ont pris corps et le pas sur l’intérêt national, à telle enseigne que la légalité est foulée au pied. Aujourd’hui, certains travailleurs du géant cotonnier confondent leur situation ou statut social avec la gestion du service public. Résultats : les partenaires sont lynchés et torpillés. L’intervention des limiers du pôle économique a établi une connexion amoureuse inquiétante entre la CMDT et l’APCAM dont le président Bakary Togola demeure toujours en prison. Sursis, baroud d’honneur, résistance, monsieur Berthé survivra t-il pour combien de temps ?
Pour rappel, la CMDT, Compagnie malienne pour le développement des textiles, est une entreprise d’Etat, créée en 1974, pour gérer la filière coton. Elle a aujourd’hui, un capital de près de 8 milliards de FCFA. Elle est chargée, selon son organigramme, d’organiser la production et la commercialisation du coton sur l’étendue du territoire malien. Elle est gérée par un conseil d’administration de 11 membres dont 8 pour l’Etat malien, 2 pour les producteurs de coton, 1 pour GEO Coton (société française), et dirigée par un Président directeur général et un Adjoint, lesquels sont appuyés par 9 directeurs centraux et 5 administrateurs généraux des filiales (Sud.sa, Nord Est.sa, Ouest.sa, et l’office du classement du coton basé à Koutiala). La CMDT donne conseil aux producteurs de coton, commercialise le coton graine primaire, assure le transport et l’égrenage du coton graine, organise la vente du produit aux industries locales de trituration sans oublier celle de fibre de coton destinée à l’exportation, mais aussi, leur mise à disposition aux industries textiles maliennes parmi lesquelles la COMATEX. Elle dispose de plus de 500 véhicules utilitaires et de camions de transport de coton graine et autres engins de manutention balles.
Revenons au PDG Baba Berthé dont le destin avec celui de Modibo Sidibé, ancien Premier ministre, s’est croisé à l’ENA et grâce au soutien duquel il a été chargé de mission à la présidence de la République, puis conseiller technique et ensuite 2ème adjoint du secrétaire général de la présidence avant de diriger cette institution en 2011. Et de devenir ministre de l’Agriculture avec le coup de force des militaires contre le démocrate Amadou Toumani Touré (ATT) en mars 2012.
Le PDG Baba n’est pas un homme de sérail, mais plutôt froid, lent et peu courageux dans ses prises de décisions impopulaires sous-tendues par son amateurisme sans grande capacité de discernement encore moins de réelle visibilité, quant au fond, sur les dossiers de l’institution cotonnière du Mali. Conséquences : c’est la directrice des affaires juridiques qui est devenue faiseuse de ROI et l’actrice principale dans le microcosme du secteur du coton dans notre pays. Pourtant célibataire de son état, Maïmouna Sogoba, puisqu’il s’agit d’elle, est indexée comme instigatrice de la descente aux enfers de la CMDT laquelle ploie sous le poids des malversations, du copinage, du clientélisme et de l’adjudication irrégulière des marchés fictifs attribués à des sociétés écrans qui n’existent que de noms.
Aujourd’hui, une alternative s’impose : extraire le PDG des griffes mortelles de la directrice des affaires juridiques et du contentieux de la CMDT pour le sauver entre le vrai et l’ivraie, au risque des ennuis judiciaires, certainement un boulevard vers la prison ; et d’autre part, sauver l’institution CMDT pour son devenir car la survie de nombreux paysans en dépend.
La compagnie est victime du vol organisé et surtout des pratiques « incestueuses », avec un PDG sacrifié sur l’autel de la directrice des affaires juridiques, la patronne morale du géant du coton dont elle est indexée comme la fossoyeuse.
Pour la campagne saisonnière, contrairement aux informations reçues, la CMDT se dirige vers des déficits nonobstant une année pluviométrique exceptionnelle. A l’origine d’une telle déconvenue, la distribution de la mauvaise qualité de coton graine aux paysans et le retard subi dans l’acheminement des engrais toujours visibles dans les magasins de stockage. Une vraie humiliation et un désaveu pour le département de l’Agriculture.
Sauver la CMDT ?
C’est l’urgence de l’heure avant qu’il ne soit tard. Cette compagnie fait vivre des millions de Maliens ayant opté pour l’agriculture comme moyen de subsistance, mais aussi pour contribuer au développement du textile malien à travers leurs productions annuelles contributives. IBK veut faire de l’agriculture le moteur de la croissance de l’économie nationale.
Baba Berthé est soupçonné comme complice de Bakary Togola dans l’affaire des ristournes de la CMDT à l’origine de l’incarnation du président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCAM). Le procureur Mamadou Kassogué n’a-t-il pas désormais matière à réflexion ? Ce d’autant que le PV du pôle économique de Bamako incrimine le PDG de plusieurs infractions dont celles relatives avec le marché des fournisseurs.
De constat, Baba n’a pas été une plus-value pour la CMDT contrairement à ses prédécesseurs qui ont marqué de leurs empreintes l’institution en privilégiant les avantages de l’Etat et l’intérêt général des cotonculteurs.
Issiaka Sidibé

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