Lancement de la 17è campagne nationale de la Planification familiale Objectif : 30% de prévalence contraceptive d’ici 2023

Par L’ Indicateur du Renouveau

Le ministre de la Santé et du Développement social, Mme Diéminatou Sangaré, a procédé, le samedi 28 août 2021 à Kati, au lancement officiel de la 17è édition de la campagne nationale de planification familiale, couplée au dépistage du cancer du col de l’utérus et du sein. Cette année, le thème retenu est « la campagne PF, un moyen efficace pour l’atteinte des objectifs du développement durable, dans le domaine de la Santé de la Reproduction (SR) ».

C’était en compagnie du représentant de Nations Unies pour la population (UNFPA) au Mali, Cheick Tidiane Mbegue.
L’objectif de cette campagne PF 2021 expérimentant la stratégie intégrée des services de la santé de la reproduction est de générer les informations pour ce passage à échelle.

Selon le représentant de UNFPA au Mali, c’est l’amélioration rapide et conséquente de la prévalence contraceptive qui va permettre non seulement de réduire la morbidité et la mortalité maternelle, néonatale et infanto-juvénile, mais également d’atteindre le dividende démographique et de jouir du retour sur investissement, dû à une bonne performance du programme de PF.

« La satisfaction de tous les besoins en PF permettra d’éviter la survenue de 900 000 grossesses non désirées, à 4 500 femmes d’éviter de mourir des suites d’accouchement, et de faire des économies en construction d’écoles et en enseignants. A l’UNFPA, nous envisageons de recruter et de mettre à la disposition du Mali, 200 sages-femmes dans les zones rurales en vue de l’amélioration des indicateurs de santé de la mère et du nouveau-né et 40 assistants logistiques pour renforcer la chaine d’approvisionnement », a-t-il révélé.

Aussi, a-t-il réaffirmé la disponibilité des partenaires techniques et financiers à accompagner le Mali, à travers les différents programmes de coopération, dans la mise en œuvre de ses politiques et programmes en faveur de « l’épanouissement de la femme malienne dans toute sa dimension, afin de la permettre de participer au développement socio-économique du Mali ».

Selon le ministre de la Santé et du Développement social, Mme Diéminatou Sangaré, l’accès pour tous aux méthodes contraceptives modernes est garanti par la loi N° 02-044 du 24 juin 2002 relative à la santé de la reproduction. Ce qui témoigne, précise-t-elle, la volonté affichée de l’Etat à trouver une réponse aux besoins des couples et des individus pour leur permettre de planifier la naissance de leurs enfants.
« Le Mali s’est résolument engagé dans le repositionnement de la Planification Familiale qui est perpétué annuellement depuis 2005 et les résultats encourageant obtenus sont le fruit d’une collaboration étroite entre mon département et ses partenaires », ajoute la ministre Sangaré.
Elle a remercié tous les partenaires au développement pour leur accompagnement constant en faveur de l’amélioration de la santé en général et la santé de la mère et de l’enfant en particulier.
Pour rappel, au Mali, selon les résultats de la 6è Enquête Démographique et de Santé (EDSM-VI 2018), 18% de femmes âgées de 20-49 ans se sont mariées avant l’âge de 15 ans et près de 53% d’entre elles avant l’âge de 18 ans ; le taux de prévalence contraceptive au Mali reste relativement faible 16% avec un taux de mortalité maternelle, bien qu’en baisse constante reste toujours à 325 pour 100.000 naissances vivantes et un indice synthétique de fécondité de 6,3 enfants par femme en moyenne.
Le faible taux de prévalence contraceptive favorise des risques d’avortements spontanés ou interruptions volontaires de grossesse.
Le gouvernement s’est engagé à atteindre 30% de prévalence contraceptive d’ici 2023, au lieu des 16% actuellement, et d’atteindre zéro besoin non satisfait en PF à l’horizon 2030. Cette 17ème édition sera très innovante avec l’intégration du dépistage du cancer du col de l’utérus et du sein aux différentes activités de la campagne PF. En effet, depuis 2009 les institutions des Nations unies (OMS, UNFPA) en partenariat avec la Fédération internationale de Gynécologie et d’Obstétrique (FIGO) et la Confédération internationale des sages-femmes (ICM) ont mis l’accent sur l’intégration des services de la santé de la reproduction comme moyen indispensable d’améliorer leur qualité d’une part et d’autre part d’obtenir des niveaux d’indicateurs souhaitables. Cette stratégie est particulièrement recommandée pour les pays en développement dont le Mali qui sont caractérisés par un lourd fardeau de mortalité maternelle, de cancer du col de l’utérus, des IST/VIH/Sida. Aussi, depuis 2016 le ministère en charge de la santé en partenariat avec l’Amicale des femmes d’orange Mali a initié un programme de renforcement de dépistage du cancer du col de l’utérus dans le district de Bamako. Cet ambitieux programme (Week-end 70) a fait passer la couverture du dépistage du cancer du col de l’utérus de moins de 15% avant 2016 à plus de 57% en 2020.
Diamouténé

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