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L’ELIMINATION DE LA FISTULE OBSTETRICALE: Le mal rongeur des femmes

Par Arc-en-ciel

 

JOURNEE INTERNATIONALE POUR L’ELIMINATION DE LA FISTULE OBSTETRICALE
Le mal rongeur des femmes

Au Mali, on dénombre de 1800 à 2400, le nombre de femmes qui courent le risque par an d’avoir la fistule obstétricale.

L’OMS estime à plus de 2 millions le nombre de jeunes femmes vivant avec une fistule obstétricale non traitée en Asie et en Afrique subsaharienne. Chaque année à travers le monde, on compte 50 000 à 100 000 nouveaux cas de fistule obstétricale, la plupart chez des femmes pauvres vivant dans des cultures où le statut et l’estime de soi d’une femme peuvent dépendre presque entièrement de son mariage et de sa capacité à avoir des enfants.
Au Mali, on dénombre de 1800 à 2400, le nombre de femmes qui courent le risque par an d’avoir la fistule obstétricale. Aussi, la problématique de la fistule est un enjeu de première importance auquel les autorités, les organismes internationaux et nationaux doivent faire face.
« De nombreuses femmes atteintes d’une fistule obstétricale vivent souvent pendant des années, voire des décennies, dans cet état car elles n’ont pas les moyens financiers de se faire soigner. Incapables de contrôler l’écoulement de l’urine, elles sont souvent abandonnées par leur époux et leur propre famille, ou bannies de leur communauté. Elles font face à la dépression, à l’isolement social et à une aggravation de la pauvreté », affirme l’OMS.
La fistule obstétricale peut pourtant être évitée. Pour cela, il suffirait : de repousser l’âge de la première grossesse, de mettre fin aux pratiques traditionnelles préjudiciables et de permettre aux femmes d’avoir accès en temps voulu à des soins obstétricaux.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la fistule obstétricale peut aussi être traitée « une opération chirurgicale existe; elle réussit dans 90% des cas simples et ne coûte que $300 soit 180 000 F CFA ».
Le fait que la fistule obstétricale n’ait pas disparu témoigne des carences des systèmes de santé face aux besoins essentiels des femmes. Cette affection est l’un des exemples les plus révélateurs de leur inégalité d’accès aux soins de santé sexuelle, maternelle et reproductive.
Le Fonds des Nations Unies pour la population distribue des fournitures médicales, assure des formations et procure des fonds en faveur de la prévention et du traitement de la fistule et propose des programmes de réinsertion sociale. Il renforce également les services de santé maternelle et les services obstétricaux d’urgence afin de prévenir l’apparition de cette lésion.
La prévention et le traitement de la fistule obstétricale affirme l’OMS contribuent à la réalisation de l’objectif de développement durable N°3, qui vise à permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge.
La fistule obstétricale est une lésion grave et dangereuse susceptible de survenir lors d’un accouchement. Il s’agit d’une brèche de la filière pelvi-génitale, c’est-à-dire l’ensemble des structures anatomiques que traverse le fœtus lors de l’accouchement. L’apparition d’une fistule obstétricale est directement liée à l’une des principales causes de mortalité maternelle : un travail difficile lors de l’accouchement ou l’absence de soins obstétricaux adéquats. Les femmes qui présentent une fistule obstétricale souffrent d’une incontinence permanente, en ressentent de la honte et font l’objet d’une discrimination sociale. Cette affection évitable entraîne également à plus long terme des problèmes médicaux chroniques, tels que des infections cutanées, des troubles rénaux, voire le décès en l’absence de traitement.
La Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale, célébrée le 23 mai de chaque année, a été instituée par l’Assemblée générale des Nations unies lors de sa 67è session tenue le 20 décembre 2012 à New York. Le Mali, membre des Nations unies, s’est engagé à soutenir cette initiative conformément à sa stratégie nationale de prévention et de prise en charge élaborée en 2009 grâce à l’appui technique et financier de ses partenaires dont l’UNFPA et l’USAID.
Oumou Touré

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