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TRAITE DES PERSONNES : 122 victimes identifiées

Par Arc-en-ciel

 

Le gouvernement a continué à déployer des efforts pour identifier et protéger les victimes de la traite. Au cours de la période visée par le présent rapport, les responsables du gouvernement et leurs ONG partenaires ont identifié 122 victimes de la traite et 46 victimes potentielles, notamment des Maliens exploités sur le territoire national et à l’étranger, ainsi que des étrangers exploités au Mali, par rapport à 104 victimes potentielles de la traite identifiées par des ONG et les pouvoirs publics au cours de la période visée par le rapport précédent.

Parmi les victimes, les autorités ont identifié 23 victimes du travail forcé, notamment de la mendicité forcée, au moins trois victimes de la traite à des fins sexuelles et 84 Maliens exploités à l’étranger au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays d’Afrique du Nord et de l’Ouest. Le gouvernement ne disposait pas de mécanismes normalisés d’identification des victimes de la traite.

Le gouvernement a travaillé en étroite collaboration avec RAFY, réseau national d’ONG, d’organisations internationales et de ministères publics, dont le ministère de la Promotion de la femme, de la famille et de l’enfant (MPFEF) pour orienter toutes les victimes de la traite identifiées vers des fournisseurs de services. Des ONG, avec un certain niveau d’assistance de la part des pouvoirs publics, ont aidé toutes les victimes de la traite identifiées au cours de la période visée par le présent rapport.

Les services dépendaient de l’endroit où ils étaient dispensés mais comprenaient en général un hébergement, de la nourriture, des conseils psychosociaux, une formation professionnelle, le rapatriement et une aide à la réinsertion. La plupart des fournisseurs de services étaient des ONG, sur lesquelles les pouvoirs publics comptaient pour fournir l’essentiel des services, financés par des bailleurs de fonds privés et internationaux. Cependant, les pouvoirs publics, avec un financement du comité national de lutte contre la traite, ont fourni un appui en nature, notamment des meubles pour les centres d’accueil administrés par les ONG. Le MPFEF disposait de centres d’accueil général pour aider les victimes de la traite, dont trois ont aidé des enfants guinéens et nigérians victimes potentielles de la traite au cours de la période visée.

Les centres d’accueil et les services disponibles pour les victimes restaient limités en dehors de la capitale, surtout dans le nord du pays. Les victimes maliennes et étrangères recevaient les mêmes services. Certains centres dispensaient des services spécialisés aux femmes, mais cela n’existait pas pour les hommes. Le MPFEF, en collaboration avec des ONG, a organisé le rapatriement de 84 ressortissants maliens en situation d’exploitation à l’étranger, notamment une victime de la traite du Maroc, et leur a fourni de la nourriture, un hébergement et une assistance médicale à leur retour.

Les pouvoirs publics n’ont pas offert aux victimes d’autres options juridiques que celle de les renvoyer dans des pays où elles seraient exposées à des représailles ou en proie à des difficultés et n’avaient pas de politiques officielles pour les encourager à participer aux procès intentés contre leurs trafiquants. Les victimes pouvaient légalement déposer des plaintes au civil contre leurs trafiquants, mais le gouvernement n’a pas indiqué si certaines y avaient effectivement eu recours pendant la période visée par le présent rapport. La loi malienne protégeait les victimes contre les amendes, les détentions et toute autre sanction imposées en raison d’actes illicites que les trafiquants les avaient forcées à commettre ; cependant, un gouvernement étranger a allégué que des responsables des services de répression maliens avaient fait subir des violences physiques aux victimes, les avaient détenues, et, dans certains cas, les avaient rendues à leurs trafiquants. Les autorités ont continué de suivre le protocole interministériel de 2013 les obligeant à orienter les anciens enfants soldats vers des centres de réinsertion. La direction nationale de la promotion de l’enfant et de la famille du MPFEF a signalé avoir identifié 53 enfants utilisés par des groupes armés en 2018 et les avoir orientés vers des organisations internationales pour une prise en charge ; en 2018, les pouvoirs publics ont rendu 21 d’entre eux à leurs familles.

D.D

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