Préparation et riposte aux urgences de santé publique en Afrique: L’OMS mise sur 3 projets phares

En vue de préparer, détecter et de riposter face aux situations d’urgence de santé publique, le Bureau régional Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a misé sur trois projets phares dont la mise en œuvre est prévue dans les pays du continent africain. Il s’agit des projets : « Promouvoir la Résilience des Systèmes face aux Situations d’urgence (PROSE) » ; « Transformer les Systèmes de Surveillance en Afrique (TASS) » ; « Renforcer et utiliser les Groupes d’intervention en cas d’urgence (SURGE) ».

La présentation de ces trois projet phares a été faite au cours de l’atelier de renforcement des capacités des médias en communication de risque et engagement communautaire (CREC) pour promouvoir la réponse à la pandémie de la COVID-19 et autres urgences de santé publique en Afrique organisé par le Hub des urgences de Dakar de l’OMS du 22 au 25 août 2022 à Saly au Sénégal.

Selon le coordonnateur par intérim du Hub des urgences de Dakar, Dr A. Baïlo Diallo, qui a présenté les trois projets, en 2019 seulement 4 pays de la région Afrique ont démontrées des capacités en matière de préparation et réponse aux urgences sanitaires. D’où la nécessité de l’élaboration et de la mise en œuvre des projets PROSE, TASS et SURGE afin de renforcer les capacités de préparation et réponse aux urgences de santé publique des pays africains conformément aux recommandations du comité de mise en œuvre du Règlement sanitaire international (RSI 2005).

Aussi, a-t-il, rappélé le projet « PROSE » a pour but d’améliorer la préparation et la résilience aux situations d’urgence en Afrique. « Pour atteindre cet objectif, le projet PROSE va développer plusieurs stratégies qui consistent à : élaborer et diffuser des normes, des orientations et des ressources techniques actualisées pour aider les États membres à ratifier et à mettre en œuvre les recommandations des organismes mondiaux et régionaux; plaider pour la ratification/adoption formelle par les pays des dernières recommandations des organismes mondiaux et régionaux en matière de préparation et de réponse aux urgences de santé publique; évaluer et le renforcer la résilience des systèmes de santé nationaux, c’est-à-dire la capacité des pays à maintenir les services de soins courants et essentiels en cas de chocs; élaborer et mettre en œuvre des plans de préparation de tous les risques dans le cadre de l’initiative Une seule Santé », a expliqué Dr A. Baïlo Diallo.

Et d’ajouter : « Le projet PROSE va également mettre en œuvre de stratégies visant à : optimiser les systèmes et les outils au niveau national pour renforcer la mise en œuvre du RSI (2005) ; former et équiper le personnel sanitaire d’urgence pour qu’il puisse faire face à tous les risques, y compris les suivants les agents pathogènes infectieux émergents et réémergents à haut risque, en utilisant une approche « Une seule santé », renforcer les mécanismes de communication des risques et d’engagement communautaire (RCCE), accroître et diversifier le financement des interventions d’urgence et du relèvement en Afrique ; renforcer la capacité régionale à assurer la distribution rapide et équitable de fournitures essentielles en cas d’urgence, promouvoir l’augmentation des investissements des entreprises africaines dans la recherche et le développement (R&D) locales dans le domaine du diagnostic, de la thérapeutique et de la fabrication de vaccins », a-t-il martelé.

Concernant le projet « TASS », Dr Baïlo a précisé qu’il vise spécifiquement « à renforcer les capacités des pays à mettre en œuvre ou à élargir le champ d’action de la surveillance intégrée des maladies et de réponse (SIMR) et améliorer les infrastructures et les systèmes de laboratoire existants, aider les pays à moderniser les systèmes d’acquisition de données, d’analyse et de technologie de l’information pour une détection efficace et une action rapide, apporter un soutien aux pays pour que leurs systèmes de surveillance disposent d’un personnel suffisant et bien formé à tous les niveaux, mener un plaidoyer de haut niveau pour obtenir des financements accrus afin d’actualiser et de renforcer la mise en œuvre de la stratégie SIMR aux niveaux national et infranational.

Avant de poursuivre : « En terme de stratégies, TASS se base aussi sur : la surveillance des indicateurs, qui suppose la déclaration systématique par les prestataires de soins de santé aux responsables de la santé publique, de maladies prioritaires spécifiques, par la fourniture de données présentées par établissement de santé ; la surveillance des événements, qui permet de suivre les informations relatives aux épidémies potentielles à partir de sources ad hoc ».
Par ailleurs, a fait savoir, Dr Baïlo, font également partie des stratégies du projet TASS, « la surveillance communautaire, qui engage les communautés à participer activement à la détection, à la notification, à la riposte et à la surveillance des événements de santé publique dans leurs communautés ; la surveillance en laboratoire, qui s’appuie sur le diagnostic des agents pathogènes et le séquençage génomique pour améliorer la surveillance moléculaire ; la surveillance dans le cadre de l’initiative « One Health », où la collaboration entre les systèmes de surveillance de plusieurs secteurs (humain, animal, végétal, sécurité alimentaire et environnement) est intégrée pour analyser les données, générer et diffuser des informations pertinentes en vue d’améliorer une santé (humaine, animale, végétale ou environnementale) ».

Quant au projet «SURGE) », a soutenu le coordonnateur par intérim du Hub des urgences de Dakar, son objectif est d’accélérer et rendre plus efficaces les interventions sanitaires d’urgence tout en veillant à minimiser l’interruption des services de santé essentiels et à réduire la morbidité et la mortalité.
«SURGE va s’appuyer sur le développement des ressources humaines pour garantir la disponibilité d’un personnel de santé multidisciplinaire dédié, formé et prêt à être déployé aux niveaux national et infranational ; la préparation et la coordination de la riposte pour améliorer la planification et la cohésion des actions des ministères, des institutions partenaires et des organisations de la société civile », a affirmé Dr Baïlo.

Et de préciser : « SURGE a deux autres piliers qui sont les opérations et le soutien logistique pour assurer le déploiement rapide et efficace des fournitures d’urgence et des ressources humaines, ainsi que l’achat, le transport et la distribution des fournitures aux niveaux national et infranational ; et la communication sur les risques et la mobilisation communautaire pour s’assurer que les informations sur les menaces pour la santé publique sont transmises à toutes les parties concernées de manière transparente et en temps voulu, et que les communautés sont consultées, impliquées et informées sur la manière de réduire leurs risques et de mieux se protéger ».

A Diamouténé

 

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